Prévention des chutes accidentelles chez
la personne âgée
Dr Patrick Friocourti
La chute est un problème fréquent chez la personne âgée, souvent source
de traumatisme, mais aussi de décès (9 000 par an en France après 65 ans)
et de retentissement psychologique (peur de tomber, syndrome post-chute).

La Haute autorité de santé (HAS) vient de publier en collaboration avec
la Société française de documentation et de recherche en médecine générale
(SFDRMG), des recommandations pour la prévention des chutes accidentelles
chez la personne âgée
(disponibles en ligne à l’adresse :
www.anaes.fr).
Ces recommandations, censées être connues des gériatres, sont destinées
aux professionnels de santé mais aussi à leur entourage non professionnel
et à des organismes s’occupant de personnes âgées.
En consultation, il est recommandé de demander à toute personne âgée,
ou à son entourage, si elle est tombée durant l’année précédente, et dans
quel contexte (grade C). Le simple fait de poser la question permet de
parler de prévention.
La recherche des facteurs de risque de chute doit être systématique (Tab.
1). Les tests simples permettant de dépister les patients à risque de
chute (timed up and go test, test d’équilibre unipolal, poussée sternale
et walking and taking test) sont expliqués. En tenant compte des différentes
étapes du vieillissement et de l’évaluation de la dépendance, des stratégies
de prévention sont proposées.
Des éléments du programme personnalisé de rééducation réadaptation sont
ensuite passés en revue.
Quelques points complémentaires sont évoqués comme l’intérêt d’une supplémentation
en vitamine D quelle que soit la carence (au moins 800 UI/j de cholécalciférol
ou par calcitriol en cas d’insuffisance rénale), ou de l’utilisation des
protecteurs de hanche, bien qu’une récente métaanalyse* la conteste.
Ces recommandations sont complétées par une fiche de synthèse.
* Martyn J Parker, William J Gillespie, Lesley D Gillespie. Effectiveness
of hip protectors for preventing hip fractures in elderly people : systematic
review. BMJ 2006 ; 332 : 571-4.
Du bon usage du candésartan
dans l’insuffisance cardiaque
La HAS a publié une fiche de bon usage du médicament
concernant l’utilisation du candésartan, un inhibiteur des
récepteurs de l’angiotensine II, premier médicament de
celle classe indiqué dans le traitement de l’insuffisance
cardiaque systolique.
En résumé
Un traitement de deuxième intention, dans 2 indications :
en cas d’intolérance aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion
(IEC) (ASMR de niveau II) et en association à un IEC
chez les patients qui restent symptomatiques en dépit
d’un traitement médical optimal (IEC) et b-bloquants aux
doses maximales tolérées (ASMR de niveau III). Éviter la
triple association candésartan-IEC-diurétique hyperkaliémiant,
en raison du risque d’hyperkaliémie.
Conclusion
Cette fiche comprend également un argumentaire et un schéma thérapeutique
de l’insuffisance cardiaque de stade II ou III avec dysfonction ventriculaire
gauche.
Le candésartan est également indiqué dans le traitement de l’hypertension
artérielle essentielle à la posologie de 16 mg/j.
Recommandations concernant l’utilisation des hypnotiques
chez l’adulte
Une brève mise à jour récente des recommandations concernant l’utilisation
d’hypnotiques chez l’adulte* vient de paraître sur le site du National Guideline
Clearinghouse (
www.guideline.gov)
reprenant celles publiées en 2004 par cet organisme. Elles concernent le
zaphelon (non commercialisé en France), le Zopidem (Stilnox®) et la Zopiclone
(Imovane®).
En résumé

Les
hypnotiques doivent être prescrits pour de courtes durées ;

le
choix entre ces 3 produits et les benzodiazépines à durée d’action brève
doit se faire d’abord sur des considérations économiques (choisir le moins
cher) ;

il
ne faut effectuer une permutation entre ces produits que s’il existe des
effets indésirables liés à un des produits (seule condition justifiant le
choix d’un médicament plus coûteux) ;

lorsque
les patients ne répondent pas à un de ces somnifères, il ne faut pas prescrire
les autres.
* Guidance on the use of zaleplon, zolpidem and zopiclone for the short-term
management of insomnia
Recommandations concernant la prise en charge en externe
des thromboses veineuses
non compliquées

Quelques
rappels intéressants concernant le traitement d’une pathologie fréquente
et potentiellement grave, proposés par le Michigan Quality Improvement Consortium*.
Le résumé sous forme de tableau de leur travaux est accessible en ligne
à l’adresse suivante :
http://
www.mqic.org/ pdf/dvt05.pdf.
Tout est classique, mais ces recommandations ont le mérite d’insister sur
l’évaluation des risques de mauvaise compliance et de mauvais suivi des
contrôles et sur l’éducation des proches. À ce titre elles ont une véritable
tonalité gériatrique.
* Outpatient management of uncomplicated deep vein thrombosis