Épidémiologie et facteurs de risque
Sandrine Andrieu
Médecin
CHU de Toulouse
En touchant près de 800 000 personnes en France, la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées constituent un problème majeur de santé publique.
Différents facteurs favorisent l’augmentation du nombre des patients. Qu’en est-il ?

Le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer ou d’un syndrome apparenté augmente avec l’âge.
Dans un contexte de très fort vieillissement démographique, il faut donc s’attendre à une élévation encore importante du nombre de cas dans les années à venir.
D’après les estimations de l’étude Paquid, la prévalence de la démence est considérable et atteint 769 000 cas en France en 2005, avec 140 000 nouveaux cas par an pour la seule maladie d’Alzheimer (MA).
Même si les connaissances sur la physiopathologie de la MA ont beaucoup progressé depuis une dizaine d’années, les mécanismes causaux de cette pathologie sont loin d’être élucidés. La MA apparaît comme une pathologie multifactorielle, qui fait intervenir une combinaison de facteurs à la fois individuels et environnementaux.
Parmi les facteurs de risque, seuls l’âge, l’allèle E4 de l’apolipoprotéine E, et les antécédents familiaux de MA sont considérés comme confirmés. Ainsi, la prévalence de la MA est de l’ordre de 5 % chez les plus de 65 ans et augmente pour atteindre 25-30 % chez les plus de 85 ans.
De nombreux autres facteurs sont évoqués : le sexe féminin, le faible niveau d’études et les facteurs de risques vasculaires (hypertension, hypercholestérolémie, diabète).
Des facteurs protecteurs sont également évoqués, mais restent à confirmer : les anti-oxydants, les oestrogènes, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les facteurs nutritionnels (consommation de poisson…), ainsi que des facteurs liés au mode de vie (activités de loisirs, activités sociales).
La MA bénéficie actuellement de traitements symptomatiques qui, pour certains auteurs, constituent un progrès incontestable dans la prise en charge de cette pathologie.
Toutefois, cette maladie reste une maladie chronique et incurable. Il est donc important de rechercher des facteurs de risques susceptibles de bénéficier de mesures préventives afin de retarder, voire de prévenir l’apparition de la maladie.
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